Claire Bailly, dont l’entreprise Le Salon est implantée près de Toulouse (31), s’interroge sur la gestion comptable des produits et plus particulièrement ceux destinés à son usage personnel. Didier Caplan, président fondateur du cabinet de comptabilité ComptaCom, lui répond.

Une obligation légale « Nombre de coiffeurs sont dans le même cas que vous Claire, car cette question est récurrente chez vos confrères. Il arrive fréquemment que les coiffeurs ne distinguent pas leur consommation personnelle de produits de leur consommation professionnelle. Cette erreur est très souvent due à une méconnaissance de la réglementation en vigueur. Sachez que dans ce cas, vous encourez des sanctions financières de la part de l’Urssaf et de l’administration fiscale. L’achat de produits pour un salon doit permettre de générer un chiffre d’affaires, ce qui entraîne une TVA déductible, or ce n’est pas le cas des produits à usage personnel, d’où une comptabilité séparée. Gardez à l’esprit un principe de base : on ne peut déduire de ses charges que ce qui sert à faire du chiffre d’affaires. »

Un outil de gestion

Les logiciels de caisse sécurisés sont là pour vous aider dans cette gestion dédoublée. La manière la plus simple est de créer une catégorie destinée à comptabiliser ces produits séparément de ceux destinés à l’usage professionnel. Il est à noter que les factures doivent toujours être conservées pendant au moins trois exercices fiscaux, en plus de celui en cours, afin de pouvoir justifier les achats. »

Revendre des produits à ses collaborateurs

« Si vous désirez faire profiter vos employés de ces produits, c’est possible en suivant la même méthode de comptabilisation. Il faut cependant respecter deux règles : il ne doit pas s’agir d’une revente à prix coûtant et la réduction ne peut pas être inférieure à plus de 30 % du prix public (pour un prix public à 10 €, vous ne pouvez pas revendre à votre employé pour moins de 7 €). Si cette règle n’est pas respectée, vous risquez un redressement fiscal. L’utilisation des produits à des fins de concours ou d’entraînement est admise, car elle est susceptible d’augmenter votre renommée et donc votre chiffre d’affaires. Il faut cependant être en mesure de justifier sa participation à ces concours, des quantités utilisées et de présenter les factures d’achat. »

Généralement, le ratio d’achat de produits n’excède pas 10 % du chiffre d’affaires. Si cette règle n’est pas respectée, vous déclenchez un signal rouge pour l’administration fiscale qui risque de venir effectuer un contrôle fiscal au bout duquel se trouve une lourde amende.

Source : Didier Caplan, Président du Réseau ComptaCom et Expert-Comptable pour le magazine Coiffure de Paris