Emprunt ou crédit-bail, c’est une question qui devient fréquente lors de l’achat du matériel de traction. La déductibilité des loyers, la simplicité de l’opération, sont des atouts mis en évidence par les bailleurs.
Pas toujours très clairs pour les exploitants agricoles utilisateurs, nous allons décrypter les différents points sans appréhender les facilités non chiffrables.

Louer avec Option d’achat

Le crédit-bail appelé aussi leasing est un contrat de location. La durée des loyers est calée sur une durée habituelle d’amortissement du matériel. Une lecture approfondie de ce contrat doit mettre en évidence les points suivants :

Les trois possibilités du preneur :

  • acheter le matériel à la fin du contrat (entre 1 à 6% de la valeur d’origine),
  • restituer le matériel,
  • re-signer un nouveau contrat.

Il n’y a pas de garantie à assumer, les assurances et les réparations (à vérifier sur le contrat) sont à la charge du locataire.
Fixés sur un échéancier, les loyers payés soumis à la TVA constituent des charges déductibles. Dans le cas d’un renouvellement de matériel la reprise constitue très souvent un premier loyer, mais ce n’est pas obligatoire. Le contrat peut couvrir l’intégralité du matériel, c’est une forme de financement sans apport.

Le financement bancaire

Les emprunts bancaires sont actuellement à des taux raisonnables de 1.5% à 3.5% avec des emprunts relayés par les concessionnaires souvent plus avantageux car ils prennent en partie un coût de crédit.

Amortissements :
Le matériel est en propriété et figure à l’actif du bilan. La valeur de ce matériel sera amorti sur une durée déterminée en linéaire ou dégressif.

Trésorerie et charges déductibles décalées

Afin de bien comparer, il faut mettre en parallèle sur la durée prévue, pour :

Le coût en trésorerie :

  • Leasing : loyers, valeur de rachat et assurances ,
  • Acquisition : Echéances annuelles de l’emprunt, entretiens réparations, assurances.

Charges comptables :

Leasing : les loyers étant une charge intégralement déductible, il n’est pas rare de constater les premiers loyers 2 voire 4 fois plus élevés que les loyers suivants, mais il faut rester vigilant et ne pas être soupçonné d’abus de droit fiscal. La méthode consiste à étaler les loyers afin qu’ils ne dépassent pas un niveau d’amortissement comptable.
Acquisition : amortissements et frais financiers avec entretien et assurance. L’amortissement permet également d’amortir en mode linéaire ou en mode dégressif. Si l’objectif est de créer plus de charges sur les premières années, à titre d’exemple sur un amortissement de 6 ans en dégressif, il est possible de passer 64% de la valeur.

Coût réels de la charge :

Les amortissements et les loyers sont des charges fiscales déductibles, réduisent le revenu et procurent des diminutions sur les cotisations sociales et les impôts. Ces réductions de prélèvements obligatoires sont plus ou moins élevées en fonction du niveau de revenu, cela peut atteindre de 30 à 50% voire plus. Mais attention, ces gains de prélèvement interviennent près N+2 et N+3 en fonction de l’option annuelle ou triennale choisie tant en impôt que MSA. Enfin, même réduites les charges restent des charges étalées dans le temps avec des conjonctures économiques parfois très défavorables.

Les exploitants agricoles au micro BA ne sont pas concernés par ces situations, car imposés sur leur chiffre d’affaires.

Même si l’écart s’est réduit depuis plusieurs années entre le coût d’un crédit et d’un leasing, ce dernier reste plus couteux, le bailleur devant y trouver sa marge.

En revanche, le crédit-bail est facile à mettre en place et sans apport initial exigé.

La période de dépression économique du moment après l’année euphorisante de 2012 met en exergue la nécessite de bien mesurer le besoin en mécanisation. Quelle que soit la méthode de financement choisie, elle impactera la capacité d’emprunt pour d’autres investissements.

Source : Thierry Gougeon, comptable Gecagri pour l’Avenir Agricole